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08 Mar

Maupassant en concert

Publié par Bé@  - Catégories :  #à lire - à voir

Cedric Laronche au Théâtre Gérard Philippe avec Samir
Cedric Laronche au Théâtre Gérard Philippe avec Samir

C'est bête, j'aurais dû vous prévenir avant le concert d'hier soir au Théâtre Gérard Philippe de Montpellier, mais voilà, je m'y suis prise trop tard. Moralité : j'y suis allée sans vous. C'est un musicien montpelliérain très attachant, Cédric Laronche, qui a prêté sa voix, ses notes de guitare folk et son humour aux poèmes choisis. Et j'ai adoré.

Ce sont des poèmes de Guy de Maupassant qu'il a transformé en chansons pour notre immense plaisir parmi les 21 des quatre CD qui sortiront cette année (un par saison, il aime les saisons et le premier est prévu pour sortir le jour du printemps).

Poésie, humour, un brin d'érotisme et un accompagnateur à la flûte et à la voix magique, Samir, ont fait de la soirée un moment sur une petite bulle de bonheur hors du temps. Si vous croisez Cédric, remerciez-le encore de ma part.

Vous pouvez avoir un aperçu avec cette vidéo filmée par l'artiste Gaston au salon de thé-boutique orientale "La Mezzanine", dans l'écusson (toujours à Montpellier) que je vous recommande.

Cedric Laronche a un répertoire qui sort aussi de Maupassant. La preuve avec Une souris verte à "L'apéro voleur" avec son yukulele et son imagination joyeuse et communicative.

Cédric connaît déjà les planches puisqu'il a fait plusieurs concerts et premières parties (Sanseverino, Renan Luce, Da Silva, Aldebert...) et a sorti un premier album entraînant de style jazz manouche : Une vie de chat.

Allez, je suis sympa, je profite de cet article pour vous laisser à lire un poème de Guy. Il s'agit de "Bord de mer" :

Près de la mer, sur un de ces rivages
Où chaque année, avec les doux zéphyrs,
On voit passer les abeilles volages
Qui, bien souvent, n’apportent que soupirs,
Nul ne pouvait résister à leurs charmes,
Nul ne pouvait braver ces yeux vainqueurs
Qui font couler partout beaucoup de larmes
Et qui partout prennent beaucoup de coeurs.
Quelqu’un pourtant se riait de leurs chaînes,
Son seul amour, c’était la liberté,
Il méprisait l’Amour et la Beauté.
Tantôt, debout sur un roc solitaire,
Il se penchait sur les flots écumeux
Et sa pensée, abandonnant la terre
Semblait percer les mystères des cieux.
Tantôt, courant sur l’arène marine,
Il poursuivait les grands oiseaux de mer,
Imaginant sentir dans sa poitrine
La Liberté pénétrer avec l’air.
Et puis le soir, au moment où la lune
Traînait sur l’eau l’ombre des grands rochers,
Il voyait à travers la nuit brune
Deux yeux amis sur sa face attachés.
Quand il passait près des salles de danse,
Qu’il entendait l’orchestre résonner,
Et, sous les pieds qui frappaient en cadence
Quand il sentait la terre frissonner
Il se disait: Que le monde est frivole !
Qu’avez-vous fait de votre liberté !
Ce n’est pour vous qu’une vaine parole,
Hommes sans coeur, vous êtes sans fierté !
Pourtant un jour, il y porta ses pas
Ce qu’il y vit, je ne le saurais dire
Mais sur les monts il ne retourna pas.

Étretat, 1867

Guy de Maupassant, Poésie Diverses

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