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12 Dec

Requiem for a dream

Publié par Bé@  - Catégories :  #loisirs, #films

Requiem for a dream

Darren Aronofsky est un réalisateur américain atypique. Je souhaitais emprunter son thriller psychologique, Pi, que m'a grandement recommandé mon fils Thomas. Hélas, le DVD était déjà emprunté. A la place, j'ai pris REQUIEM FOR A DREAM, qu'il a réalisé en mars 2001, d'après le roman d'Hubert Selby Junior, qui l'a d'ailleurs assisté dans le scénario.

Considéré comme un film culte, c'est un drame psychologique d'une puissance monumentale. J'avoue en être encore un peu secouée. Aronofsky a su présenter la progression de plusieurs addictions parallèles aux psychostimulants, l'une illégale (l'héroïne) et l'autre institutionnalisée (les amphétamines) puisqu'elle est prescrite par un médecin.

Sara est une mère qui vit seule à Brooklyn, une télé-addict qui papote régulièrement avec quelques comères en bas de son immeuble. Son rêve : participer à l'émission de jeu qu'elle adore. Persuadée qu'elle va être retenue par l'équipe organisatrice, elle décide de perdre du poids pour être aussi jolie que lorsqu'elle pouvait encore porter sa belle robe rouge. Mais elle n'arrive pas à suivre son régime draconien (elle est aussi accro aux petits gâteaux et au chocolat) et s'en remet à un médecin qui lui a été recommandé. Et commence la valse des petites pilules de toutes les couleurs qui lui font perdre du poids. Toute excitée, elle ne se rend pas compte tout de suite de la montée des angoisses qui suivent l'habitude des amphétamines et son médecin fait ses ordonnances sans lui jeter un regard.

Harry, son fils, vit avec sa petite amie Marion et voit régulièrement son pote Tyrone. En quête d'une vie meilleure, ce n'est pas un mauvais garçon, il aime sa mère et souhaiterait lui montrer son amour en lui offrant une nouvelle télé. Il aime Marion et voudrait lui offrir un fond de commerce. Mais le rêve d'une vie honnête est vite brisé par le besoin d'argent rapide et commence la spirale infernale du deal et de la consommation de poudre blanche. Le trio finit dans la déchéance la plus horrible, le désespoir le plus noir et le plus glaçant. 

 

La descente des jeunes en parallèle avec celle de la retraîtée s'accélère dans un même espace-temps. Les décors et l'atmosphère sont brutaux, secs et sans concession. L'oeil d'Arnofsky est d'une lucidité cruelle : il nous montre toutes les plaies, mentales ou physiques, qui accompagnent cette descente aux enfers, sans nous épargner les horreurs de la prison, de la prostitution, de la gangrène ou de la folie. Le voyage de cette destruction passe d'un personnage à l 'autre avec une musique métallique et des accélérations de plans découpés pour nous amener à une vision sordide de folie dévorante et fatale. S'il arrive au spectateur d'avoir parfois une lueur d'espoir, c'est pour mieux dégringoler l'instant d'après. Tragique est le film, pas d'issue à cette immonde et froide nausée, à cette douleur qui ronge les chairs et les esprits 

 

Les acteurs, Jared Leto (Harry), Jennifer Connely (Marion), Ellen Burstyn (Sara) et Christopher Mc Donald (Tyrone) sont excellents. Les effets visuels -je pense en particulier aux visions hachurées de la montée de l'héroïne dans les veines- sont techniquement impeccables. Quant à la musique de Clint Mansell, elle colle parfaitement à ce que Darren Aronofsky veut nous montrer.

Mon avis : un film excellent qui marquera l'histoire du cinéma, mais à ne pas mettre devant toutes les mirettes. Jeunes et sensibles s'abstenir.

 

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