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29 May

Chère Drosophile

Publié par Bé@  - Catégories :  #Sciences

Mais qu'est-ce qui les fait tous courrir après la Drosophile ?

Qu'est-ce qu'elle fait, qu'est-ce qu'elle a ? Qui s'est celle là ? Elle a une drôle de tête, cette mouche-là !

La drosophile fait partie de la sympathique petite famile des diptères (qui ont 2 ailes) hexapodes (qui ont 3 paires de pattes).

Il existe de nombreux genres de cette petite mouche dont la plus connue est la Drosophila Melanogaster. La rapidité des cycles de reproduction et de développement de cet animal ainsi que la simplicité de manipulation de ses chromosomes en ont fait un sujet d'étude de choix pour les généticiens et les biologistes du développement.

La vie d'une Drosophile dure entre 15 jours et un mois, selon la température ambiante (entre 18° et 22°). La femelle est un peu plus grosse que son mec, avec lequel elle fait crac-crac 8 à 12 heures après être sortie de l'état larvaire. Précoce, la canaille ! Et prévoyante : elle garde de côté le sperme de l'élu pour plus tard, on ne sait jamais de quoi demain est fait...

Star des labos, celle qu'on appelle vulgairement "mouche à vinaigre"  se prête bien involontairement à toutes sortes d'essais, parce que :

  1. Elle est peu encombrante et sage comme une image
  2. Elles fait plein de bébés futurs cobayes (jusqu'à 500 oeufs en 10 jours)
  3. Elle n'a que 4 paires de chromosomes (3 autosomiques et 1 sexuel)
  4. Son jules n'effectue pas de recombinaison (modification de l'assemblage génétique par rapport aux cellules des parents), donc les études génétiques sont plus simples
  5. Des techniques de transformation génétique sont disponibles depuis 1987
  6. Leur joli génôme, très compact, a la chance d'avoir été séquencé en 1998. Pratique

Certains se plaisent à étudier le rythme du chant nuptial des mâles en mal d'amour et comptent leurs battements d'ailes, qui difèrent selon des mutations génétiques. D'autres sont ravis d'étudier leur croisement pour expliquer la transmission des allèles des gênes lors de la reproduction sexuée. D'autres encore s'intéressent de près à la phylogénèse de la réponse immunitaire, ce qui, à mon avis, est nettement plus intéressant (on sait que les défenses adaptatives requièrent une activation provenant des cellules de l’immunité innée).

Mais je ne vais pas vous citer toutes les recherches sur cette mouchette. Je tiens à vous dire, toutefois, que je sais que des chercheurs se sont penchés sur l'étude du transport de protéines dans la cellule, comme pour le TRPM, qui concerne celui du magnésium. C'est vachement vital. Je dis ça parce que mes fils ont justement une déficience du transport du Mag dans les cellules et que ça implique beaucoup de choses au niveau du comportement, par exemple, mais pas seulement. Et puis j'ai un de mes garçons qui souffre également d'un autre trouble génétique qui bloque le transport du Chlore, cette fois, dans la cellule (la mucovisidose), ce qui implique des réactions pulmonaires et pancréatiques particulières. Et un traitement lourd.

Alors je me dis que si la généreuse Drosophile peut nous aider à élucider ces histoires de voyage des protéines dans la cellule, ce serait une sacrée avancée pour la Science. Et un tel bonheur personnel !

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Labaronne 29/05/2011 22:09



les animaux de labo sont élevés pour - je ne suis pas pour mais il faut bien en passer par là ou alors il faut les remplacer pas des humains, mais lesquels, les pédophile, les condamnés à
perpète, les condamnés à mort  (flute y en a plus) - ce que je trouve beau c'est que grace à "l'utilisation" des animaux des vies humaines sont sauvées - la nature j'en suis convaincue nous
fournirait de quoi nous soigner, mais je doute qu'elle puisse tout soigner - voilà pourquoi je disais que c'était beau - bonne sorée Béa - bisous



Bé@ 30/05/2011 10:06



Concernant ces pauvres bêtes, je me dis tout de même, et c'est à la fois cruel et égoïste, que je préfère que ce soient elles qui fassent les essais plutôt que mes propres enfants. Mais si on
pousse l'éthique dans le sens de l'indouisme, on devrait laisser tout le monde tranquille et ne pas contrecarrer systématiquement la nature lorsque cela implique la perte d'autres vies. Nous, les
hommes, avons décidé que la vie d'une mouche ne vallait pas la nôtre. Mais si nous interrogeons la nature, nous restons perplexe devant cette façon de voir...



Labaronne 29/05/2011 17:44



ça sonne comme un nom de fleur, mais son histoire est bien plus belle - bisous Véa et merci pour ce billet très instructif et original



Bé@ 29/05/2011 19:06



Tu crois que l'histoire d'un animal de labo est une belle histoire ? Pour elle, je ne suis pas sûre. Pour nous, c'est beaucoup plus intéressant. Son surnom de mouche à vinaigre me fait penser à
l'adage "on n'attrappe pas une mouche avec du vinaigre", adage qui ne semble donc pas, au vu de ce nom, justifié !!



janjaques 29/05/2011 12:38



Bonjour


Je ne sais pas si on manque de moyens , mais moi je crois que tous nos remèdes à nos disfonctinnements, se cachent dans la nature.


A+ bisous



Bé@ 29/05/2011 13:03



Et tu as parfaitement raison. Certains ont voulu singer/synthétiser la nature en imitant les substances naturelles. Une copie n'est jamais l'original, n'est-ce pas ? Mais que ne fait-on pas au
nom du sacrosaint profit ?


Bon dimanche.
Bisous en retour.


 



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