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12 Feb

Code maya

Publié par Bé@  - Catégories :  #Calligraphie

 

 

Hier soir, sur Arte, j'ai pu me régaler d'un documentaire sur le déchiffrement des glyphes mayas. J'en profite pour partager les quelques connaissances que j'ai pu en retirer.

 

Cela fait environ 200 ans que les spécialistes de la civilisation maya, dits mayanistes, tentent de déchiffrer les sculptures en bas relief que l'on trouve sur les monuments mayas, tant au Mexique qu'au Guatemala. Pourquoi n'arrivait-on plus à lire ce qui correspond à un langage écrit ? Qu'est-ce qui en a fait sa difficulté de lecture ?

 

scribe-maya.gif

Photo : Musée canadien des civilisations. Lien sur photo.

 

A l'instar des hyéroglyphes égyptiens, les hyéroglypes, ou glypes mayas sont d'une complexité incroyable. De plus, l'histoire a fait disparaître son enseignement. Remontons le temps. On date les premiers textes linéaires mayas d'environ 400 ans avant notre ère. La civilisation maya date de la période précolombienne, c'est à dire d'avant la conquête espagnole du XVIe siècle  sur les territoires du centre et du sud de l'Amérique (Mexique, Belize, Guatemala, Honduras et Salvador) et remonte à la préhistoire. Certains monuments datent de 3000 ans avant J.C. On citera les cités principales de Copan, de Palenque ou de Tikal, au Guatemala, pour les plus remarquables. Au sommet de sa puissance du VIe au IXe siècle, la civilisation maya s'éteint peu à peu -on parle de "décadence" puis enfin sous l'emprise de l'alphabétisation des colons.

 

Ce qui explique en partie l'incompréhension de l'écriture glyphique des mayas, c'est que les espagnols, en même temps qu'ils "civilisèrent" de force les peuples colonisés, leur apprirent la langue espagnole et surtout ordonnèrent la destruction par le feu de tous les écrits, qui se trouvaient en nombre, sous la forme de dépliants, fait à partir d'écorce de figuier, et contenant les dessins-signes d'écriture, coloriés en vert, jaune, bleu et rouge.

 

maya-cal-cylindre2.png  

Hélas, le zèle des prêtres évangélisateurs a luter contre ce qu'ils considéraient comme de l'idolâtrie, ajouté à la sévérité des sanctions infligées aux contrevenants à leurs nouvelles lois, a vu la destruction quasi totale de ces codex. Seuls trois d'entre eux subsistent aujourd'hui : le Coedex Dressensis, le Tro-Cortesianus, le Peresianus et le Grolier (ce dernier est contesté). 

 

Casse-tête pour les mayanistes, les sortes de cartouches carrés aux figures improbables et multiples n'ont dévoilé que peu à peu leurs secrets - et encore pas tous, puisqu'on estime à environ 6 % les glyphes non élucidés. Il faut dire que les signes "à lire" sont joints à des représentations picturales de personnages. On peut aujourd'hui reconstituer, en théorie, la plupart de ces signes, sortes d'idéo-phonogrammes. En effet, chaque "carré" ou pictogramme est constitué de plusieurs sous-parties juxtaposées ou superposées, qui peuvent se compter jusqu'à 7 ou 8. La lecture se fait par bande de 2 glyphes se lisant de gauche à droite puis du haut vers le bas.

 

Comme pour l'égyptien hyéroglyphique, la question s'est posée de savoir s'il s'agissait d'un alphabet mono ou disyllabique, d'idéogrammes ou de phonogrammes. La réalité est plus complexe : pour simplifier, chaque partie d'un idéogramme est composé d'éléments disyllabiques, de signes valant pour une action, un lieu ou un concept, des signes représentant le rang d'une personne ou une partie du corps, de logogrammes représentant par exemple un animal, ainsi parfois que de repères de datation. C'est ce que les mayanistes appellent les "rébus".

 

maya-calendrier2b.png

Extrait du codex de Madrid. Source : Université de Chapas.

 

La découverte des signes de comptage ( les points sont des unités qui comptent un maximum de 4, viennent ensuite les traits qui équivalent à 5 unités, un signe qui correspond au zéro, un comptage par lot de 20, ce qui permet d'écrire des nombres importants), a permis une avancée importante sur la compréhension de la chronologie, mais a également perturbé la compréhension globale de l'écriture puisque certains en ont déduit que tous les "textes" était en relation directe avec leur calendrier complexe.

 

Pour ceux intéressés par l'étude épigraphique des glyphes mayas, l'Institut des langues "orientales" de Paris (INALCO), à Asnières, dispense des cours universitaires. Le professeur actuel, Jean-Michel Hoppan, ingénieur d'études au Centre d'études des langues indigènes d'Amérique (CELIA), indique que trois ans d'étude sont nécessaires à un bon déchiffrage.

 

 

Pour des précisions sur les thèmes abordés, n'hésitez pas à cliquer sur les liens (sur les photos ou texte en lettres blanches). Il est probable que je vienne compléter l'article un peu plus tard.

 

Commenter cet article

Jacquart 13/02/2012 11:32


C'est très passionnant : j'ai eu l'occasion de lire plein de choses à ce sujet.

Bonne journée. Désolé de ne pas être venu plus tôt mais j'avais pas mal de boulot ces derniers temps. 

patriarch 12/02/2012 17:14


Ce n'est pas facile...... Belle fin de journée; Bises

Bé@ 14/02/2012 10:15



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