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07 Dec

Hamba Kakuhle, Madiba !

Publié par Bé@  - Catégories :  #Divers

 Hamba Kakuhle = Au revoir, pars tranquille, en langue xhosa.

 

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Madiba, notre cher Nelson Mandela, est parti pour un long voyage. Enfin tranquille après des mois de lutte entre vie et mort depuis qu'il a fêté ses 90 ans, il a pu enfin sortir de sa dépouille mortelle. Mais l'autre lutte, celle qu'il a fait de sa vie, est celle qui a porté toute une nation, sa nation multi-ethnique d'Afrique du Sud.

 

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Dans le petit village de Mvezo, au nord-est de la région de l'Estern Cape de l'actuelle République d'Afrique du Sud, vivait une tribu Xhosa (prononcer Kosa) du nom de Tembu, dans le Tembuland (voir zone surlignée sur la carte). Parmi les Tembu -peuple d'origine bantoue- était un clan, celui dans lequel Nelson Rolhilala (prononcer Rolhissassa - signifie "fauteur de trouble" dans sa langue) Mandela vit le jour, un matin de juillet 1918, le clan des rois Madibas. A sa naissance, Nelson était déjà désigné pour faire partie des conseillers royaux. Il vécut à Qunu, près de Mvezo, les 10 premières années de sa vie, où il fait les 400 coups et garde le bétail. Le voici,  quelques années plus tard, arborant la tenue traditionnelle :

 

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A la puberté, le petit trublion est envoyé dans des écoles missionnaires méthodistes, afin d'être éduqué à la britanique. C'est là que lui fut donné le prénom de Nelson. Il rejoint en 1939 l’université de Fort Hare, dans la province du Cap Oriental, la seule à laquelle les Africains aient accès. Bien élevé, indépendant et plein d'ambition, il s'installe à Johannesburg en 1941 où il rencontre Walter Sisulu puis plus tard Oliver Tambo. Il se marie avec Evelyn Mase et aura 4 enfants avec elle. Il est employé dans une société de conseil juridique en même temps qu'il fait ses études de droit.

 

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En 1912, soit quelques six ans avant sa naissance -et deux ans après la création de l'Union d'Afrique du Sud-, une autre naissance avait lieu, celle du Congrès National des Natifs Sud-Africains (SANNC), ancètre de l'African National Congress (Congrès National Africain), plus connu sous l'acronyme ANC, un parti sud-africain membre de l'Internationale Socialiste. l'ANC a été créée pour défendre l'intérêt des noirs face à la minorité blanche gouvernante, principalement originaire des Pays-Bas et d'Angleterre, mais aussi de France (des Huguenots fuyant l'oppression du royaume). Jusqu'en 1921, les méthodes prônées par la SANNC sont pacifiques. Mais l'arrivé du Parti Communiste radicalise une partie de ses membres, qui se questionnent sur la pertinence de la méthode non violente. En 1923, la SANNC devient l'ANC.

 

A la puberté, le petit trublion est envoyé dans des écoles missionnaires méthodistes, afin d'être éduqué à la britanique. C'est là que lui fut donné le prénom de Nelson. Il rejoint en 1939 l’université de Fort Hare, dans la province du Cap Oriental, la seule à laquelle les Africains aient accès. Bien élevé, indépendant et plein d'ambition, il s'installe à Johannesburg en 1941 où il rencontre Walter Sisulu puis plus tard Oliver Tambo. Il se marie avec Evelyn Mase et aura 4 enfants avec elle. Il est employé dans une société de conseil juridique en même temps qu'il fait ses études de droit.

 

mancosta.jpgEn 1944, Nelson Mandela (il a alors 32 ans), fonde, avec ses amis Walter Sisulu et Oliver Tambo, la Ligue de la Jeunesse de l'ANC, qui commence à organiser de grandes manifestations de protestation. En 1948, l'Afrikaaner Daniel François Malan, du Parti National, prend la tête du pouvoir sud-africain et met en place le système ségrégationiste d'apartheid qui donne des droits suppérieurs aux blancs et restreint les mouvements de la population noire, les obligeant à présenter sans cesse leur passeport intérieur ("pass"), qui fait mention de leur négritude.

 

En 1950, le Parti Communiste est interdit. En 1951, Nelson Mandela devient l'un des deux seuls avocats noirs de Johannesburg, avec Oliver Tambo. En 1952, la Charte de la Liberté (Freedom Charter), appelant à l'égalité des droits, est adoptée par l'ANC et ses alliés. La répression policière s'intensifie. En 1959, le Pan-African Congress (Congrès Pan-Africain) ou PAC est créé par une branche radicale de l'ANC car cette dernière refuse son ouverture aux autres "races" (Indiens, métis, blancs).

 

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En 1960, le PAC lance des manifestations non-violentes dans tout le pays pour dénoncer l'utilisation des "pass", ces passeports intérieurs qui sont constamment demandés aux noirs dans tous leurs déplacements. Nelson Mandela donne l'exemple en médiatisant son acte rebelle : il brûle son "pass" devant les objectifs des journalistes. Le 21 mars de cette année, dans le township (bidonville) de Sharpeville, une manifestation de masse prend place, avec chants et danses.

 

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La police, prise de panique devant près de 5000 manifestants -dont beaucoup de femmes et d'enfants- qui leur semblaient menaçants, appelle des renforts puis charge et tire sur la foule. Un massacre. Bilan : 69 morts et 178 blessés, dont un bon nombre par des balles tirées dans le dos. L'événement déclenche une grève générale et le général Hendrick Werwoerd, qui dirige le pays, décrète l'état d'ugence. Des émeutes et actes rebelles sont réprimés dans tout le pays et beaucoup de militants sont emprisonnés ou exilés.

 

manfighting.jpgL'année suivante, en 1961, Nelson Mandela, qui avait jusque là prôné la lutte non violente, décide, en partie sous la  pression de certains membres de l'ANC et face à la popularité grandissante du PAC rival, mais aussi du fait du manque de résultat de la méthode non-violente et du durcissement de la répression, de fonder et diriger la branche armée de l'ANC, l'Umkonto we Siswe (fer de lance). Il mène une campagne de sabotage contre les installations publiques et militaires.

 

Il est recherché pour ses actions de sabotage et pour avoir fomenté un coup d'Etat à partir de l'étranger. En 1963, avec l'aide de la CIA, il est arrêté alors qu'il se déplace déguisé en chauffeur. Lors du procès dit "de Rivonia" (lieu de réunion du groupe leader de la branche armée de l'ANC) où l'on trouva des documents compromettants), Mandela est condamné à perpétuité pour trahison et sabotage. Il devra faire des travaux forcés au pénitenciaire de Roben Island (Ile Roben) au large du Cap de Bonne Espérance. L'ANC, qui est maintenant interdite, installe son QG à Londres, puis en Tanzanie et ensuite en Zambie. En 1969, l'ANC décide d'accepter toutes les ethnies en son sein.

 

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En 1976, des émeutes ont lieu dans le township de SOWETO (South West Township), près de Johannesburg, dans la région du Transvaal. Des étudiants et écoliers se rassemblent pour protester contre l'enseignement qui leur est fait en Afrikaans (qui ressemble au Hollandais dont sont issus les Afrikaaners). Après des sommations de la police demandant à la foule de se disperser, elle ouvre le feu sur les enfants désarmés. Bilan officiel : 23 morts et 220 blessés, mais certains avancent le chiffre de 575 morts, dont 5 blancs. Encore une fois, beaucoup de victimes sont retrouvées avec une balle tirée dans le dos. En réaction, d'autres émeutes se propagent dans le pays.

 

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En 1977, l'ONU décrète un embargo sur les ventes d'armes à destination de l'Afrique du Sud. Le chef du mouvement "Black Consciousness" (Conscience Noire), Steve Biko, est arrêté puis retrouvé mort après plusieurs coups violents portés à la tête. 

 

1989 voit le départ du président Willem Botha et Frederick de Klerk prend la tête du gouvernement.  En 1991, ce dernier, qui s'est rapproché de Mandela encore en prison, signe des accords avec l'ANC. En 1993, Mandela reçoit conjointement avec de Klerk le Prix Nobel de la Paix. Il semble que depuis quelques temps Madiba ait laissé de côté l'idée de reprendre la lutte armée et soit revenu à ses idées fondamentalement pacifiques, inspirées par Ghandi.

 

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Enfin, après 27 ans de détention, dont une grande partie à Roben Island, Mandela est libéré en 1994, suivant la promesse que lui avait faite le président De Klerk, puis le président fait inscrire le droit de vote pour tous dans la Constitution. Des élections présidentielles ont lieu dans la foulée et Nelson Mandela est élu à plus de 60% des voix. De 1994 à 1996, l'ancien président de Klerk sera en poste en tant que vice-président.

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draprsa2Depuis son accession au pouvoir et encore après la fin de son mandat, Nelson Mandela n'a cessé d'oeuvrer pour ce qu'il a nommé "la nation arc-en-ciel", une réconciliation nationale entre les peuples avec, en point d'orgue, son soutien médiatisé à la coupe du monde de rugby de 1995, qui a participé à souder les différentes ethnies du pays. Le film de Clint Eastwood, en 2009, "Invictus", rend hommage à ce moment d'union historique.

 

 

Vous le savez, la figure de Mandela est depuis longtemps très médiatisée. Mais que dire de ce timbre congolais de 2009 (qui aurait sûrement plu à Patriarch) où on le voit au milieu des champignons ? C'est la petite touche d'humour dans un article qui fait suite à un événement qui ne prête pas à rire.

 

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En souvenir du massacre de Sharpeville, l'ONU a décrété le 21 mars journée internationale de lutte contre la ségrégation raciale.

 

Les émeutes de Soweto ont été mises en images à la fin du film de Richard Attenborough "Cry Freedom" (Le cri de la liberté) en 1982; le film d'Euzan Palcy "Une saison blanche et sèche", de 1989, présente également quelques scènes de ce massacre.

  

 

Histoire condensée de l'Afrique du Sud 

 

LA PREHISTOIRE

 

De nombreuses traces attestent de l'habitation de l'Homo sapiens depuis plus de 2 millions d'années dans la région australe de l'Afrique. Des fossiles controversé indiqueraient que l'humain moderne vivait dans la pointe Sud de l'Afrique il y a 90.000 ans.  On trouve également des sites de l'âge de pierre; on trouve des traces de petits groupes apparentés aux Bochimans (Bushmen) et aux Khoïkhoï actuels.

Il y a près de 3.000 ans, les uns et les autres passent de chasseurs-cueilleurs au statut d'éleveurs, introduisant des notions embryonnaires de richesse personnelle et de propriété.

 Les Khoïkhoï se son déplacés vers le sud, rejoignant l'actuelle région du Cap et la côte, tandis que les Bochimans restèrent plutôt vers l'intérieur des terres. Le mélange des peuples donna ce que l'on classe sous le nom de Khoïsans.

  

Parrallèlement, des peuples Bantous descendirent du nord-ouest, en provenance du delta du Niger. Ils seraient arrivés dans l'actuelle province du Natal vers l'an 500. Certains auraient migré par vagues dans la région du Cap oriental. Eleveurs et cultivateurs, les Bantous travaillaient aussi le fer et vivaient dans des villages; ce sont les ancêtres des Xhosa et des Zoulous. Les Xhosas se sont organisés en Etats afin de se défendre de leurs voisins.

  

DU Xe AU XVe SIECLE

 

Au Xe siècle, la Chine et l'Inde commercent avec les peuplades locales du royaume de Mapungubwe, leur achetant ou échangeant de l'or et de l'ivoire. Mais le XIIIe siècle voit un grand changment climatique et les tribus se dispersent, amenant le pouvoir royal vers le nord (Grand Zimbabwe), où d'autres communautés les rejoignent.

  

C'est par un savant du XIe siècle, Al Biruni, que les européens ont compris qu'une route était possible pour rejoindre l'Océan Atlantique : le contournement de l'Afrique. Le roi du Portugal envoie alors des navigateurs en observateurs pour préparer une nouvelle voie vers le continent des épices et de la soie. 

  

DECOUVERTE PAR UN NAVIGATEUR PORTUGAIS

 

En 1488, à Mossel Bay, une flotte marchande portugaise, dirigée par Bartolomeu Dias, rejoint la côte sud-ouest de l'Afrique et dépasse la pointe. A son retour, la flotte est prise dans de fortes tempêtes et il nomme le cap qu'ils tentent de dépasser "Cap des Tempêtes". C'est le roi Jean II du Portugal qui le renommera "Cap de Bonne Espérance" car il espère que cette nouvelle voie vers les Indes leur sera prospère.

  

 En 1497, un autre navigateur portugais, Vasco de Gama baptise la côte sud-est au nom de "Natal", car c'est le jour de Noël qu'ils y accostent. Vasco remonte avec sa flotte vers le Mozambique après quelques déboires, plus au sud, avec des Khoïkhoïs. C'est ainsi qua XVe siècle que la côte australe de l'Afrique se vit attachée quelques ports où les navires pourraient s'approvisionner en route. Contourner l'Afrique ne prenait pas moins de 6 mois et beaucoup de marins n'y survivaient pas, faute de ravitaillement frais (morts par scorbut). Du XVe au XVIe siècle, la zone côtière du Cap est une région d'échanges ponctuels avec la population locale. Il semblerait qu'il y ait eu quelques incompréhensions menant à des attaques sanglantes, ainsi que l'ont rapporté plusieurs marins.

  

 Le XVIe siècle voit l'avènement des comptoirs hollandais dans la région. Ces derniers tentent à leur tour des contacts avec les Khoï, mais ceux-ci s'avèrent très indépendants et réagissent mal à l'arrogance des colons. La Compagnie néerlandaise des Indes Orientales envoie Jan van Riebeeck installer une base au Cap en avril 1652. 80 hommes s'installent et s'occupent à préparer une base d'avitaillement pour les prochains navires de passage. La péninsule est alors habitée par quelques tribus de chasseurs Khoïsans que les Hollandais appellent Hottentot (qui veut dire "bégayeur" en batave). Des relations commerciales se nouent, mais la variole décime une partie de la population indigène.

 

 

LE TERRITOIRE DEVIENT UNE COLONIE NEERLANDAISE

 

 

En 1679, Simon van der Stel est nommé commandeur de la ville du Cap, qui devient une colonie de peuplement. Fuyant la misère et les horreurs de la guerre de 30 ans, hollandais, danois et suédois se joignent aux Burgers de la colonie, qui s'étend régulièrement vers l'est et le nord. Le nom de Burger est condensé en "Boer", qui veut dire aussi "paysan". D'autres esclaves que les locaux sont "importés" de Madagascar ou de Batavie.

 



En 1685 200 huguenots chassés de France par la révocation de l'Edit de Nantes, viennent rejoindre les 800 colons. Ils cultivent la vigne avec des ceps qu'ils ont apporté de France avec eux. En 1700, le territoire prend le statut de colonie. On "importe" encore d'autres esclaves de Madagascar, de Guinée, d'Angola et même de Java (futurs "Malais du Cap"). Les colons ne se privent pas pour engrosser quelques braves demoiselles locales, créant bientôt un nouveau "groupe ethnique" que les colons appelèrent les "métis du Cap". En 1685, les mariages "mixtes" sont interdits.

 

Carte de l'Afrique australe vers le milieu du XVIIe siècle :

 

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Peu à peu, les autorités de tutelle hollandaises deviennent tatillonnes sur le règlement et certains Boers décident de plier bagage pour aller s'installer plus loin. On les surnomme les "Trekboers" car ils sillonnent le pays avec leur chariots bâchés tirés par des boeufs, à la manière des colons d'Amérique. De 1700 à 17015, on trouve 3 types de colons : ceux du Cap même, ceux de la région du Cap et les Trekboers, plus éloignés de la côte. Ces derniers utilisent une langue qui est un mélange de hollandais, de créole portugais et de Khoïkhoï, qu'ils appellent finalement l'Afrikaans (qui signifie "Africain" en néerlandais).

 

En 1797, la Compagnie des Indes Orientales fait faillite. Les anglais craignant que les Français ne s'installent au Cap à la place des Hollandais, se sont lancés dans une guerre contre les hollandais afin de s'approprier la région. Les Pays-Bas récupèrent la colonie en 1803 pour se trouver à nouveau en faillite en 1805.

 

Carte de la Colonie du Cap en 1809 (Wikipedia) :

On y lit, au nord du tracé de la colonie, les mentions de "Country of the Boejesmans", ce qui veut dire "pays des Bochimans".

 

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XIXe SIECLE - ANNEXION PAR LE ROYAUME UNI

 

En 1806, le Royaume-Uni occupe à nouveau le territoire, pour l'annexer officiellement en 1814. Un gouverneur dirige la colonie. Les relations des britaniques avec les Boers sont épouvantables. En 1807, Londres a fait interdire le commerce des esclaves au sein de l'Empire. Des missionnaires britaniques tentent l'évangélisation des Xhosas pour en faire un élite noire. Mais en 1811, une mission rapporte des mauvais traitements à des esclaves par des Boers et les suspects sont entendus devant un tribunal, suite à la demande des missionnaires. Les Boers se fâchent, y voyant là une atteinte à leur liberté. Le ton monte et une bavure d'un policier hottentot devient prétexte au lancement d'une rebellion des fermiers, qui s'allient à un chef Xhosa contre le pouvoir colonial britanique. 5 de ces fermiers sont arrêtés et pendus. Cet événement marquera la montée de la belligerence entre les deux parties.

 

En 1822 le néerlandais n'a plus le statut de langue officielle dans la colonie et l'anglais le supplante en 1828. La même année, la colonie du Cap proclame l'égalité des droits entre le peuple Khoï et les blancs ainsi que le droit à la propriété pour les noirs. En 1833, l'esclavage est aboli par l'Empire et les quelque 40.000 "propriétaires" de la colonie sont indemnisés. Les Boers sont scandalisés, considérant que cette libération représente un acte contre la volonté divine et la "hiérarchie des races". C'est le début du "Grand Trek" pour fonder une nation Boer indépendante. Ses pionniers sont appellés les "voortrekers".

  

LES VOORTREKERS

  

En décembre 1838, les meneurs boers Andries Pretorius et Sarrel Cilliers se font massacrer avec 70 de leurs hommes lors d'un guet-apens mené par le chef Zoulou Dingane KaSenzakakhona, qui leur a fait croire à son alliance pour mieux les duper. S'ensuivit la bataille de "Blood River" où 500 boers postés derrière leurs chariots affrontent 10.000 guerriers Zoulous. La bataille sanglante se solde par la victoire des boers, qui font alliance avec le frère du guerrier Zoulou, qui donnera bientôt la moitié de son territoire aux nouveaux arrivants, qui la proclammeront République de Natalia. En 1843, les britanniques y envoient un corps expéditionnaire et annexent le Natal.

  

NAISSANCES DES REPUBLIQUES

  

Après la République de Natalia, reprise par les britanniques, les boers proclamment, dans les années 1850, la République d'Afrique du Sud ("Zuid Afrikaansche Republiek") au Transvaal, et l'Etat libre d'Orange ("Oranje Frystaat"), reconnues par les britanniques. Mais la République sud-africaine du Transvaal a du mal a se stabiliser à cause de réfractaires qui avaient monté des petites républiques indépendantes.  Dans les deux nouveaux Etats, l'inégalité entre les blancs et les non-blancs est inscrite dans la loi. Cependant des traités sont signés garantissant le droit de propriété foncier dans 8 territoires tribaux reconnus au sein de la ZAR. Mais certains hommes en font fi et des expéditions punitives ne sont pas rares. Au Transvaal, la défense est assurée non par une armée en tant que telle mais par de véritables commandos aux ordres d'un commandant général élu. Des alliances vont et viennent entre les Boers et les Bantous pour faire face aux Sothos. Il arrive même que les 3 se mettent ensemble pour affronter un ennemi commun.

  

Au Natal, en 1849, la colonie britannique crée sept réserves. Elles seront au nombre de 40 quinze ans plus tard. Dans les années 1860, afin de répondre au manque de main d'œuvre dans les plantations de cannes à sucre, les Britanniques font venir des milliers d'indiens sous contrat qui resteront dans le pays, constituant un nouveau groupe ethnique à part entière.

 

Peu à peu, les hommes de Van Riebeeck sont autorisés à s'installer en citoyens libres, ou "Burgers" où ils veulent. Ils ont le droit de cultiver un bout de terre qui leur est alloué. Ils y plantent majoritairement du blé et des vignes. Mais les terres en questions appartiennent parfois déjà aux habitants locaux et peu à peu le climat se durcit et les relations dégénèrent. En 1659, les Khoïkhoïs assiègent les néerlandais qui doivent se retrancher dans le fort du Cap. Mais les Hollandais sont bien armés et les assaillants qui n'ont pas pu fuir finirent par être décimés ou réduits en esclavage.

  

DES MINES D'OR ET DE DIAMANTS

  

En 1867, à la frontière de la colonie du Cap, de l'Etat libre et du Transvaal, sur le territoire du peuple Griqua, des diamants sont découverts. Un arbitrage du gouverneur du Natl attribua le territoire au chef des Griquas, Nicolaas Waterboer. Celui-ci demanda la protection britannique; c'est ainsi que le site diamantifère, qui donnera naissance à la ville de Kimberley, fut annexé à la colonie du Cap, à la grande fureur des boers, qui se sentent lésés. Certains migrants noirs venus de pays sothos et tswanas s'embaucheront comme mineurs et certains parviendront à acheter leur propre concession. En 1875, plus d'un cinquième des propriétaires de mine étaient noirs ou métis.

 

En 1876, Stephanus Jacobus du Toit, un pasteur de l'Eglise réformée, décide d'inscrire l'Afrikaans comme une langue langue officielle au même titre que la langue anglaise.

 

Carte de la Colonie du Cap en 1885 :

 

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Le nouveau chef Zoulou, Cetshwayo, fait subir une mémorable défaite, en 1879, à l'armée britannique dans la bataille d'Isandhlwana. Le fils de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie trouve la mort lors d'une escarmouche avec les Zoulous. Les britanniques finissent, au bout de six mois difficiles, à vaincre les Zoulous à Ulundi, leur capitale. Le royaume Zoulou est alors divisé en 13 petits royausmes et Cetshwayo est fait prisonnier.

 

LES GUERRES DES BOERS

 

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Ci-contre : le Président Paul Kruger.

 

En 1877, les Britanniques annexent le Transvaal suite à une rébellion du peuple Pedi que les boers n'auraient pas su arrêter. En 1880, Paul Kruger, soutenu par Piet Joubert et Marthinus Wessel Pretorius, déclare la guerre aux britanniques. C'est la 1ère guerre des boers.

 

Battu par les boers, les Britanniques (certains disent que leur tenue rouge vif en faisaient des cibles faciles), signent un traité reconnaissant l'indépendance de la ZAR, que préside Kruger. Parallèlement, les bantous missionnarisés du Transkei voient leur statut remonter; le premier journal bantou voit le jour, suivi par d'autres en quelques années.

 

Paul Kruger ne voulait pas accorder la citoyenneté aux "étrangers" de Johannesburg, ceci pour préserver l'identité boer et empêcher une majorité de réclammer l'annexionà la couronne impériale britannique. En 1895, Leander Starr Jameson, proche de Cecil Rhodes, tente de renverser le gouvernement du Transvaal. L'opération rate. L'évenement entraîne la crise des mines d'or d'Afrique du Sud. Le Ministre des colonies impériales Joseph Chamberlain demande à Kruger d'accorder l'égalité des droits aux citoyens britanniques du Transvaal, mais Kruger n'en démord pas. Il donne 48 heures au Britanniques pour évacuer leurs troupes basées aux frontières de sa République.


C'est ainsi que la 2e guerre des Boers est déclarée en octobre 1899. La République d'Orange s'allie à la République d'Afrique du Sud contre les Britanniques. En 1900, les capitales des deux Etats sont occupées. L'Empire a envoyé des renforts de ses autres colonies, avec un armement de pointe. Pour autant, la guerrilla qui se développe dans les Républiques fait durer les affrontements. Las, les Britanniques placent les boers et leurs serviteurs dans des camps de concentration aux conditions difficiles, ils brûlent leurs fermes et leurs récoltes. Le sort de ces internés est dénoncé par une infirmière britannique, Emily Hobhouse, ce qui fait du bruit à Londres.

 

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Ci-dessus : dénutri d'un camp de concentration en RSA

Les membres de la couronne finissent par signer un traité de paix à Pretoria en 1902. La guerre a coûté la vie à près de 30.000 personnes. Les Boers sont vaincus et ruinés. Et ils deviennent des sujets britanniques, ce qui pour eux est le comble de l'humiliation. Les suites de cette guerre entrainèrent une crise économique et sanitaire terrible. La précarité et le manque d'emploi ont raison d'encore beaucoup d'âmes. Les Afrikaners, ainsi que s'appellent les Boers, en gardent un ressentiment fort contre leurs ennemis. Le Royaume-Uni rapatrie des prisonniers déportés et investit de lourdes sommes pour aider les régions dévastées, mais le ressentiment ne s'efface pas comme ça.

 

L'AVANCEE SEGREGATIONNISTE

Au début du XXe siècle, les républiques boers annexées par la Grande-Bretagne comptent, avec le Natal déjà annexé, un million de colons, dont 2/3 sont des Afrikaners. Les communautés sont divisées par groupes ethniques avec des droits différents. En 1902 est créée l'APO (African people organisation), qui comprend surtout des métis ("coloured"), comme leur président Adbdullah Abdurahman. Au Natal, Gandhi, alors jeune avocat, fonde le Congrès Indien du Natal, avant de retourner en Inde en 1914. Sous son impulsion la minorité indienne se lancera dans la résistance non violente pour le respect de ses droits, dont s'inspirera Mandela des années plus tard. C'est en ce début de siècle que se met en place le système ségrégationniste. La commission Lagden, composée de britanniques, impose l'idée de la supériorité intellectuelle des blancs et propose l'établissement de réserves indigènes à travers le territoire.

 

L'UNION SUD-AFRICAINE

 

En 1909, le Parlement britannique accorde la réunion des 4 colonies sous un même drapeau, à l'instar des dominions du Canada et d'Australie. L'Union d'Afrique du Sud est créée après approbation des assemblées législatives du Transvaal, d'Orange et du Cap, ainsi qu'à l'issue d'un référendum dans la province du Natal. Les Bantous et les Métis, qui n'avaient pas été consultés, ont fait part de leurr doléances, en vain. Le South Africa Act est voté. La capitale administrative devient Pretoria. Le Parlement siègera au Cap et le siège de la Cour Suprême sera à Bloemfontein. Les langues officielles sont l'anglais et le néerlandais. La devise : "Ex unitate vires".

 La Constitution de 1910 permet aux anciennes républiques boers de continuer d'appliquer le système électoral ségrégationniste, alors que les métis et les noirs de la colonie du Cap vote selon le système censitaire. Peu à peu, les Afrikaners prennent de l'ascendance; ils vont former le pouvoir. En 1911 la République d'Afrique du Sud (RSA) compte 4 millions de noirs, 1,3 millions de blancs, 525.000 métis et 150.000 indiens. Louis Botha est élu président et applique les anciennes valeurs coloniales basées sur la "couleur" des citoyens. De nouvelles lois réservent certains emplois aux blancs. En 1913, la loi sur la propriété foncière, le Native Land Act, des terres sont confisquées aux noirs, ne leur laissant que 7,8% du territoire, privant nombre de paysans de l'exploitation de leur terre à présent déclarée en zone "blanche", d'autant que certains fermiers et magistrats abusèrent de cette loi.

 

En 1914, quand éclate la 1ère guerre mondiale et que la RSA s'allie aux Anglais, le général James B. Hertzog créa le Parti National afin de s'émanciper de la couronne britannique. Les Afrikaners souhaitent se désolidariser des Britanniques et soutiennent les Allemands du Sud-ouest Africain. Certains fondent la société secrète Broederbond ("Ligue des Frères") pour promouvoir et préserver l'identité afrikaner.

 

 

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biker06 31/12/2013 07:59



Hello Bea






Le 1er janvier est l’occasion pour chacun d'entre nous de souhaiter à ses proches et à ses amis une année remplie de bonheur,
de santé, de prospérité et de réussite. C’est la formule consacrée et eternelle . Ces vœux de Bonne Année 2014 sont un gage de sincérité, d’amour, d’amitié. Qu'ils nous apportent beaucoup de
moments forts à partager ensemble !  Je te souhaite une merveilleuse année  pleine d’espoir et de joie ! Je souhaite que tes 365 prochains jours soient pleins de bonheur, et que tes 365
prochaines nuits soient pleines de beaux rêves. Bonne année 2014.


Bizz


 Pat

biker06 24/12/2013 09:56


Hello Bea





Je te Souhaite un Joyeux Noel à toi ainsi qu'a toute ta famille....Nous vous souhaitons en chœur Soso et moi même de vivre un Noël rempli de mille douceurs.
Que vous souhaiter de mieux dans votre vie, la santé; dans vos affaires, la prospérité, et beaucoup d'amour . Que ce Noël soit le plus beau, vous apportant en cadeau la gaieté et la tendresse, la
joie et l'allégresse. Que la santé immortelle descende du ciel pour avoir soin de tous vos jours.


Bizz


Pat

sailly 16/12/2013 20:19


billet trés instructif   ;Je viens tard en ce moment  beaucoup de fêtes pour NOËL j'ai accompagné mon amie chez les cheveux blancs  de la maison de retraite de CERET
, j'ai dansé la valse  et chanté les vieux refrains avec plaisir  , bonne semaine  bises



Bé@ 19/12/2013 18:50



J'ai hâte d'avoir assez de cheuveux blancs pour pouvoir à nouveau danser la valse, moi aussi !! Bonne fin de semaine et merci pour ton petit mot.



biker06 12/12/2013 07:57


Hello Bea





On connait un peu l'histoire, nous y sommes allés en 2003...


Bizz


Pat

virjaja 11/12/2013 18:31


quel article!!! bravo, j'ai appris des choses. gros bisous Béa. cathy

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