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11 Apr

Le Château de Colditz

Publié par Bé@  - Catégories :  #Divers

Vous pensez peut-être que je vais faire de la réclame pour un site historique qui vaut le détour ? En réalité, je vais vous raconter une histoire que j'ai apprise par Claire, mon amie de 6ème au pensionnat.

 

Le château de Colditz, qui surplombe la rivière Mülde se trouve en Saxe et son origine remonte au XIe siècle. La Saxe fait à présent partie d'un des 5 "nouveaux" landers, ceux qui faisaient partie de l'ancienne RDA de 1949 à 1990. Le royaume de Saxe disparaît à la fin de la Grande Guerre, puis, en novembre 1918, le roi Frédéric-Auguste III de Saxe abdique et l'Etat libre de Saxe prend place, jusqu'en 1949.

 

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Après avoir été transformé en hôpital psychiatrique pendant plus de 100 ans, le château est transformé par les national-socialistes allemands d'Hitler en camp de prisonniers réservé aux officiers pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette forteresse dans laquelle les gardiens étaient plus nombreux que les prisonniers, devait rendre impossible toute évasion. Malgré cela, 32 officiers, dont 13 français, 10 britanniques, 7 néerlandais, 1 polonais, 1 canadien et un indien, ont réussi à s'en évader.

 

Un film relate ces évasions, dont les exploits ont également inspiré, dans les années 1970, une série télévisée portant le nom du château. Fin 1940 : plus de 150 officiers, majoritairement polonais, français et britanniques, y sont enfermés. Fin juillet 1941, on y compte 200 officiers français supplémentaires internés, ainsi que 150 polonais, 50 britanniques, 68 néerlandais et 2 yougoslaves. En mai 1943, les prisonniers français sont transférés dans d'autres camps, tout comme les autres incarcérés non-britanniques. Puis, en janvier 1945, six généraux français y sont internés suivis par 1200 autres prisonniers français au mois de mars de la même année.

 

 

 

Parmi les évasions réussies, nous pouvons citer celles de :

  • Alain Le Ray, le premier à s'évader : Il profite d'un match de foot dans la cour pour s'évader en effectuant un salto arrière par-dessus les barbelés. Il deviendra le 1er chef militaire du maquis du Vercors.
  • Pierre Mairesse Lebrun, qui rejoint la Suisse après 8 jours de vélo.
  • Roland Regnier, qui s'évade le 3 août 41 par les égouts et rejoint la France par le train.
  • Airey M.S. Neave : il se déguise en officier allemand.

Parmi ceux qui ont pu s'échapper à partir de l'extérieur :

  • J. Durand-Hornus, qui profite d'une visite chez le dentiste.
  • Le polonais Kroner qui saute par la fenêtre d'un hôpital.
  • Le lieutenant indien Birendra Nath Mazumdar : il fit une grève de la faim pour être transféré dans un camp de prisonniers compatriotes et s'évada lors du transfert. Il finit par rejoindre la Résistance française.

Mais d'autres évasions ont échoué. Parmi celles-ci, la plus extraordinaire qui avait été préparée : une évasion par la voie des airs. Les prisonniers avaient construit un planeur dans les combles du château, le Coditz Cock. Au moment de la libération du camp, le planeur était déjà bien avancé et les matériaux déjà réunis pour sa rampe de lancement. A noter : la Wehrmacht suivait la Convention de Genève à la lettre et les tentatives d'évasion étaient punies de confinement solitaire au lieu d'une exécution sommaire. Dans le principe, les officiers de la sécurité reconnaissaient qu'il était du devoir des prisonniers de chercher à s'évader bien que leur travail fut de les en empêcher. Les prisonniers pouvaient même former des "accords de gentlemen" avec les gardes, comme celui de ne pas utiliser pour s'échapper des outils prêtés par eux. 

 

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Les officiers prisonniers arrivaient parfois à soudoyer leurs gardes, grâce à des cigarettes qu'on leur envoyait ou de l'argent, pour obtenir des morceaux de bois ou de métal afin de fabriquer leurs outils. Ils arrivèrent même à utiliser les dessous de l'estrade où ils faisaient des représentations pour le transformer en matériel de construction. Tout était bon, le moindre petit bout de ficelle ou de tissu, pour préparer les évasions. Et les officiers ne manquaient pas d'imagination.

 

ColditzSpec.jpg

 

L'un des officiers, le lieutenant André Pérodeau (le père de Claire) a vu sa tentative échouer. Pourtant, tout avait été mis en oeuvre pour que cela fonctionne : il avait pu reproduire à l'identique le costume de l'électricien du camp, Willi Pöhnert ("Le petit Willi"), lunettes, casquette et brassard compris.

 

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 A gauche : le lieutenant Pérodeau. A droite : "Petit Willi"

 

Dans la nuit du 28 décembre 1942, André fit sauter les plombs de l'éclairage de la cour. Pendant que l'électricien s'évertuait à régler le problème, le lieutenant Pérodeau, déguisé en Pöhnert et portant une boîte à outils, marcha tranquillement jusqu'au portail reliant la cour à l'extérieur. Il passa devant le premier garde sans problème, mais le gardien du portail principal lui demanda de lui remettre son coupon (ils étaient remis à chaque gardien et membre de l'équipe à l'entrée et à la sortie du camp afin d'éviter ce type d'évasion). Cette fois-ci, nul moyen de passer outre et le lieutenant dut se rendre.

 

Des sculpteurs néerlandais ont réussi à fabriquer deux têtes en terre glaise afin de les positionner sur des costumes, ceci afin de duper les officiers du camp chargés de faire l'appel plusieurs fois par jour, cachant ainsi l'absence d'autres prisonniers qui s'affairaient à la préparation d'une évasion ou qui s'étaient déjà évadés.

 

Les gardiens de Colditz ont réuni un grand nombre d'équipement utilisé à des fins d'évasion pour constituer le "Musée de l'Evasion des Commandants". Le photographe local Johannes Lange a pu prendre des photographies des évadés dont la tentative a échoué, dans leur déguisement, comme sur la photo plus haut. D'autres prises de vues montrent des évadés en situation, dans une reconstitution suivant le récit des l'intéressés. En plus des photos de J. Lange, on peut voir dans le musée l'une des deux têtes en terre.

 

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D'autres tentatives d'évasion ayant échoué :

 

  • Le matelas : l'officier britannique Peter Allan s'était caché dans un matelas cousu autour de lui et qui faisait partie d'un lot de matelas qui devait être changé. Lorsque le camion de transport fut hors de portée du château, que le silence s'était fait, il décousit le matelas et s'enfuit. Il fut hélas retrouvé quelques jours plus tard, mourrant de faim dans un parc.
  • La corde de drap : les lieutenants polonais Miki Surmanowicz et Mietek Chmiel tentèrent une évasion à 36 m de hauteur après avoir fabriqué une corde à partir de draps de lits. Lorsqu'ils atteignirent, après plusieurs obstacles, le sol de l'extérieur, des gardes les y attendaient.
  • Le tunnel de la cantine : des officiers britanniques avaient réussi à accéder aux égouts et aux drains sous le plancher du château. Ils ouvrirent une voie à partir du sol de la cantine. La préparation dura 3 mois. Un soir de mai 1941, Pat Reid se cacha dans la cantine au moment de sa fermeture, puis permit à d'autres officiers de passer par le tunnel d'évacuation des eaux. Ils avaient auparavant soudoyé un garde pour qu'il ferme les yeux au moment de passer dehors. Mais le garde avait malgré tout signalé la tentative et c'est au son de "Hände hoch !" (Haut les mains) que les évadés sortirent de leur tunnel. Au grand étonnement des allemands, es britanniques sortirent en riant, otant à leurs geoliers toute possibilité de profiter pleinement de leur satisfaction. Le garde qui avait reçu 100 marks pu les garder et obtint une sortie exceptionnelle.

 

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Dr WO 12/04/2013 19:10


Histoire passionnante de gens courageux.


Dr WO

virjaja 12/04/2013 11:00


je découvre, je ne connaissais pas. gros bisous Béa. cathy

Bé@ 13/04/2013 08:34



Nous découvrons ensemble, car je ne connaissais pas non plus. Je ne savais pas que le père de mon amie avait tenté une évasion dans un tel lieu. Et de cette façon. C'est incroyable qu'il y ait eu
300 tentatives et surtout qu'une trentaine d'entre elles aient réussi. Ce qui m'a scotché dans le film de reconstitution, à part la construction impensable d'un planeur dans les combles du
chateau, c'est le salto arrière du détenu pendant le match de foot pour sauter par-dessus les barbelés.


Passe un excellent weekend. Bises



patriarch 12/04/2013 07:29


J'ai vu ce film... Merci pour ce résumé. Belle journéeavec bises

Bé@ 13/04/2013 08:35



Tes connaissances m'épateront toujours. Ce n'est pas un film extrêmement connu. Passe un très bon samedimanche. Bises.



Corinne 11/04/2013 23:49


Un témoignage bouleversant, je ne connaissais pas !


Des bisous

Bé@ 13/04/2013 08:36



Bouleversant, oui, mais ton histoire perso avec ton grand Césaire est, elle aussi, bouleversante. Enfin pour moi elle l'est. Plein de bisous pour le weekend.



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