Vanités
Fondation Dina Verny - Musée Maillol
61 rue de Grenelle (7e) - Tél : 01 42 22 59 58
Site : http://www.museemaillol.com/index2.html
Damien Hirst "Pour l'amour de Dieu"Le musée Maillol explore le thème de la vanité, depuis les "memento mori" des Romains (Memento mori signifie "Souviens-toi que tu mourras" et désigne un genre artistique dont le but est de rappeler aux hommes qu'ils sont mortels et la vanité de leurs activités ou intérêts terrestres) jusqu'aux crânes de Damien Hirst. 160 oeuvres, peintures, sculptures, photos ou bijoux, illustrent le thème.
Petite parenthèse pour dire que Damien Hirst, artiste anglais qui vit actuellement à Londres est l'artiste actuel le plus riche du monde. Depuis 1988, il réalise des installations où il traite du rapport entre l'art, la vie et la mort. Il faut dire que, pendant ses études, il a travaillé dans une morgue. Normal que ça l'ait marqué. Petit lien sur la présentation très interressante de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Damien_Hirst
Le terme de "vanité" vient des paroles de l'Ecclésiaste: "Vanités des vanités, tout n'est que vanité". La vanité est une réflexion sur la vie, moralisatrice, qui doit mener à la rédemption, explique Loïc Malle, historien d'art qui a participé à la conception de l'exposition. Les représentations de crânes et de squelettes, pour nous rappeler la vanité de l'existence et l'inéluctabilité de la mort, ont traversé l'histoire de l'art, de façon plus ou moins présente, avec une connotation religieuse ou profane.
L'exposition est chronologique, mais à rebours: on commence avec ce début de XXIe siècle, où le crâne est partout, sur les vêtements, les bijoux, les pubs ou même les jouets. "Il y a toute une génération de jeunes artistes qui s'intéresse beaucoup à la mort car notre société occulte celle-ci", considère Patrizia Nitti, nouvelle directrice artistique du Musée Maillol. Pour elle, "l'exposition n'est pas triste du tout". "C'est une façon d'apprivoiser la mort", souligne-t-elle. Andy Warhol a peint des séries de crânes de couleurs vives, complètement désacralisés. En même temps, le sida, peste des temps modernes, a ramené la mort au coeur de l'art.
Ci-dessus : Paul Cézanne "Nature morte, crâne et chandelier".
Ci-contre : horloge-vanité du sculpteur américain Jud Turner (USA) : "13 crânes sans aiguilles". Je ne sais pas si Jud Turner est présent au Musée Maillol, mais j'en donnerai presque ma main à couper. En tout cas, cette expo m'a donné envie de vous le présenter.
Douze crânes pour les heures, plus le treizième pour celui qui contemple les gouffres temporels : pointu et hyper-conceptuel ! Précision de l'artiste : "Treize crânes" est un objet à suspendre dans la tradition des Memento Mori. C'est donc une sorte d'horloge sans aiguille, à la Romain Jerome (le double tourbillon sans aiguilles de Yvan Arpa et BNB).
En tout cas, je sais que l'exposition n'oublie pas les fameux Hells Angels. Ceux-ci font figure, en quelque sorte, de porte-drapeaux modernes du thème des "Vanités". Ci-dessous, le blouson d'un "ange de la mort" suédois.
J'aurais bien aimé vous présenter une belle Vanité du XVIIe siècle de la Gallerie Bresset à Paris (http://www.carrerivegauche.com/galerie/voir/15/Bresset-et-fils/ - pas de site direct), mais je n'en ai pas d'image pour l'instant. Peut-être après les vacances scolaires... A défaut, voici l' "Autoportrait Vanité aux portraits" de David Bailly (XVIIe siècle), qui vaut vraiment le coup d'oeil :

Et Antonio Pereda (Espagne, XVIIe siècle également), vous connaissez ? Voici son "Allégorie du temps qui passe", que je ne peux pas ne pas vous montrer :

Vous remarquerez la symbolique "thanathienne" du temps et de la vanité : horloge, sablier, fusil, bougie, pièces de monaie, mape-monde, miroir ou auto-portrait (pour l'image de soi-même), pipe, livres, cartes à jouer. Ce pouraient être aussi des onguents de beauté, des bijoux...bref, tout ce qui peut représenter les biens de ce monde et le passage du temps. Mais les corps eux-mêmes, lorsqu'ils représentent la jeunesse, la beauté et le désir, peuvent tout autant faire l'affaire. Preuve : ce montage photographique de Salvador Dali avec une de ses compositions par le photographe Philippe Halsman :

Je dois clore. Maxime, le prof de guitare de Thomas va bientôt partir et je dois préparer le déjeuner. Je vous dis à bientôt et surtout : CARPE DIEM, comme dirait mon cousin Nicolas.