Hugo Cabret
Mardi dernier, j'ai eu la chance d'assister (avec Sophie, Uma et Sébastien) à une projection en plein air qu'offrait la Maison Pour Tous Marcel Pagnol, à deux pas de chez moi, sous la Grande Ourse exactement. Le film projeté : HUGO CABRET, de Martin SCORSESE, un beau film d'aventures de 2011.
L'histoire : Les années 30, Gare de Lyon à Paris. Un jeune garçon, Hugo Cabret (un magnifique Asa Butterfield) se retrouve orphelin. Il habite en clandestin la tour de la grande horloge, pleine de rouages gigantesques et de vapeur blanche qui s'insinue dans tous les recoins. Hugo détient un secret : il répare un grand automate que son père (Jude Law), horloger, avait récupéré quelques années auparavant dans un musée. Cet automate devrait arriver à écrire et Hugo est persuadé que le message a été dicté par son père.
La vie légère et parisienne du hall de la gare s'anime avec la vendeuse de fleurs, les habitués des tables du grand Café, un chien revêche, un vendeur amoureux. On passe dans le café où joue un petit groupe qui fait penser à Django Reinhardt. Quelques couples dansent près des tables. Il y a aussi un inspecteur en tenue militaire qui court après les orphelins avec une jambe dont la prothèse métalique l'empêche de courir sans renverser tout ce qui passe sur son chemin. Et puis, on trouve, au fond d'une allée, le magasin extraordinaire d'un magicien qui vend des jouets et répare un peu tout, joué par le merveilleux Ben Kingsley. Cet homme là cache quelque chose d'incroyable qui a marqué sa vie et celle du cinéma. Qui est-il donc ? Et que vient faire ici Pierre Tabard (Michael Stuhlbarg) ?
Le film, qui dure deux heures trop rapides, nous amène peu à peu à découvrir les secrets gardés, en passant par une présentation admirative et réjouissante de l'oeuvre de George Méliès. Car la pélicule met la pélicule à l'honneur. C'est un vibrant hommage à ce précurseur du Cinéma, à la fois fantasque et touche-à-tout. C'est aussi un plaidoyer discret pour la joie de vivre simple et bon enfant. Un réquisitoire feutré contre les empêcheurs de vivre en rond au cerveau étriqué. Et une incitation à la lecture, grâce au libraire campé (en haut de sa chaire de bibliothèque) par un bien agréable Christopher Lee.
La fin de l'histoire... dois-je l'écrire ? Au moins puis-je dire que c'est une fin qui correspond bien à l'ambiance du film, comme un joli conte de fées. Vous l'avez compris : absolument, résolument TOUT public, de 4 à 104 ans.
Brian Selznick, l'auteur américain -qui est aussi illustrateur - du livre "L'invention d'Hugo Cabret" dont est issu le film, est un grand fan de Georges Méliès et du magicien Houdini.