Lune rousse
Hier soir s'est immolée la lune, pourpre infernale à son réveil au-dessus du flux tranquille des vagues allanguies. Puis, revenant à la vie, de braise mordorée au centre d'un bleu nuit tapageur, elle a repris son ascenssion fébrile. De sang drapée au début de sa course, elle a fini docile, blanche et légère comme la plume du fou, bercée par les satellites pressés dans l'éternel éther.
Aspirale ! Ta teinte s'amenuise et ton corps si céleste te nuit. Quand, à la chaux blanchis pour te singer du haut de ton zénith, les anges dépossédés te confieront leurs solitudes, peut-être te feras-tu leur messager aveugle de consolation.