Empreinte sublibituminale
Vous avez déjà vu les bandes blanches des passages zébrés ? Oui, certainement, elles ne datent pas d'hier. Mais les avez-vous regardées de près ? Si tel est le cas, vous avez sans doute remarqué, comme moi, que certaines rappellent les sillons des empreintes digitales. J'ai pris ce gros plan avant-hier, rue de Lodève (Montpellier) :
Regardez, voici une empreinte digitale :
Depuis qu'Internet existe, chacun est prié, pour avoir accès à un compte privé sur un site, de donner ses identifiants; en général, il s'agit d'un code alphanumérique. Mais les empreintes digitales sont un identifiant à la fois rapide, unique et qui n'a pas besoin de mémoire personnelle. C'est pourquoi certains accès demandent la reconnaissance à l'aide d'une empreinte de ce type, qui fait partie de la reconnaissance dite "biométrique".
Un peu d'histoire :
Vous croyez certainement que la biométrie est d'une utilisation récente; il n'en n'est rien : des traces d'échanges commerciaux de la Babylone antique, datant de plus de 5000 ans, ont été retrouvés. Les empreintes digitales étaient en effet utilisées lors de transactions de biens d'importance et servaient de signature. On en retrouve également en Chine vers le VIIe siècle avant notre ère.
Un certain Marcello Malpighi étudiait au XVIIe siècle ces empreintes et découvrit la couche basale de l'épiderme. A peu près à la même époque, le botaniste et anthropologue Nehemia Grew décrivit dans son "Philosophical transactions" les plis et crêtes de l'épiderme, qu'il nomma "dermatoglyphes". Quelques années plus tard, le physiologiste tchèque Jan Evangelista Purkinje découvrit 9 formes distinctes de base. En voici 3 :
Notre tracé sur zébrure urbaine ressemble, quant à lui, à la forme archée ci-dessus à gauche. Plusieurs types de branchements ou "minuties" sont répertoriés :
La nature est extraordinaire !
A la fin du XIXe siècle, le criminologue Alphonse Bertillon (pas celui des glaces, non) a oeuvré pour que s'insère la biométrie dans la recherche criminologique. Le système mis en place dès 1882 a ensuite pris son nom.
A présent l'informatique permet bien des recoupements et la criminologie biologique ne cesse de faire des progrès. C'est l'ADN maintenant qui sert de plus en plus de repère. Mais la méthode est coûteuse.
Oh, oh ! Je crois que c'est l'heure. Il va falloir que je roule mon zèbre moi aussi et que je file à mon rendez-vous à Abbey Road avec Daniel Buren.
Ci-dessus : entrée du Musée Fabre - Montpellier 2012