Mycotoxines
Ah, les jolies MYCOTOXINES ! Paraît qu'elles sont cancérichoses. Qu'on en trouve un peu partout : céréales (maïs...), fruits, fruits à coques, café, chocolat, légumes, viandes... Ces toxines sont élaborées par des espèces de champignons microscopiques (Mycos = champi) tels que les moisissures (Aspergillus, Fusarium, Stachybotrys, Penicillium...). Il s'agit de molécules difficilement dégradables, qui peuvent subsister dans les aliments même après l'élimination des moisissures. On utilise le terme de mycotoxine pour décrire les toxines extracellulaires, qui ont une action toxique à très faible dose sur les animaux (et les hommes aussi, évidemment).
(Ci-contre : le ravissant "Aspergillus Niger" - Image : Conidia - Voir lien).
En 85, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture) estimait que 25 % des récoltes mondiales de céréales étaient affectées par des mycotoxines responsables d'intoxications chroniques ou aiguës (parfois mortelles) chez les animaux d'élevage, notamment.
La présence de certrains contaminants génotoxiques et cancérongènes dans les céréales et oléagineux affecte doublement la chaîne alimentaire de l'homme : par leur consommation directe et via les animaux. Mais pas seulement : l'inhalation ou le contact cutané peuvent suffire ! Ces risques sont donc considérés comme un problème majeur de santé publique, entre autre par l'AFFSA (Agence Française de Sécurité SAnitaire). Des effets hépatotoxiques, neurotoxiques, mutagènes, tératogènes, cancérigènes et immunosuppresseurs ont été, ai-je pu lire sur Wikipedia, prouvés expérimentalement chez l'animal, même si les risques sont encore mal connus. Il est intéressant de noter ici qu'une des particularités de certaines mycotoxines est leur grande résistance à la chaleur.
Lorsque les toxines sont présentes il peut être très difficile et parfois impossible de les enlever des végétaux. Pourtant elles peuvent être fortement toxiques. C'est le cas par exemple de l'Aflatoxine B1 qui est 3 millions de fois plus cancérigène que le tétrachlorure de carbone. Ce dernier est un solvant classé comme dangereux pour la santé. Il suffit de seulement 0,000001 gramme par kilo et par jour pour provoquer des tumeurs chez 50% des rats subissant ce régime.
Que faire pour s'en prémunir : RIEN (si ce n'est éviter les pistaches en provenance d'Iran, par exemple), nous ne pouvons pas savoir si un produit alimentaire en contient. C'est, nous a-t-on informé, du ressort des pouvoirs publics; c'est à lui d'effectuer une veille sanitaire correcte. L'INRA, à Montpellier, se penche depuis longtemps sur le cas de ces toxines.
Autre chose : d'après mes informateurs, les aliments les plus risqués seraient de provenance étrangère. Tout semble indiquer, d'après le discours sanitaire ambiant, que ce qui vient de l'étranger est à soupçonner. De là à imaginer que l'information dans notre pays relaie -consciemment ou non- des messages protectionnistes, il n'y a presque qu'un petit pas. Comment savoir...
J'espère que ce billet ne vous empêchera pas de vous alimenter comme à l'acoutumée. Pour ma part, il ne changera rien à mes habitudes. Et je garde également en tête que certains laboratoires sont spécialisés dans la protection contre différents types de toxines. Sans doute pas les mêmes labos que ceux qui ont poussé l'Etat français à acheter des millions de doses de vaccins contre la dernière grippe, ni ceux qui font du forcing pour la prescription de plus en plus massive de certains neuroleptiques, mais restons vigilants...

