Ya Ding
YA DING, c'est lui qui a écrit LE SORGHO ROUGE, un classique de la littérature chinoise.
Comment vous décrire ce pincement au coeur à la lecture de chaque ligne ? C'est l'histoire de plusieurs passages ou glissements : celui de Li Liang (Liang étant le prénom et Li le prénom du père), petit chinois de 9 ans qui arrive de la ville, avec ses parents et sa petite soeur, dans un petit patelin perdu où ne pousse que le sorgho. Liang voit son univers se bouleverser. Il est enchanté par la montée du communisme, qui représente à la fois l'espoir et la possibilité d'accomplir des actes héroïques, à la suite de son père et de son grand-père. Et Liang passe, pendant ces changements radicaux, de l'enfance à l'âge de comprendre.
Ce passage, qui glisse vers des sentiments contenus et contradictoires, est confronté à un autre : celui d'une Chine qui enclenche la vitesse supérieure dans son ardeur à éradiquer la classe des dirigeants. Le système s'affole et devient fou. Le pauvre Liang est perdu dans un monde où les adultes finissent par ne plus être des repères stables, ou la vérité non plus n'est pas très claire.
C'est un livre qui m'a énormément émue. Il vous accroche tous les pores de la peau, vous emmène avec délicatesse dans un monde où la cruauté vient du désir de progrès ou de pouvoir, de la soif d'une meilleure condition, vers le rêve d'un "autrement" toujours meilleur... mais quelle retombée !