Divinités lunaires
Au parc de Sain-Jean-le-Sec, à 15 mn au sud-ouest de Montpellier, se trouve un parc inatendu, situé à l'emplacement d'anciennes carrières de pierres. C'est là que je suis tombée nez-à-nez avec un petit bas-relief creusé dans la paroi calcaire dorée :
Anonyme et discret (la paroi est dans un coin où personne ne passe), il m'a fait penser à un autre bas-relief un peu du même type, en Turquie :
C'est un bas-relief très ancien, qui provient du temple de la Lune à Harran. La ville biblique est actuellement en ruines mais quelques habitants y résident dans des habitations originales. (Article sur la photo).
Les divinités lunaires
Depuis l'antiquité, on retrouve la lune dans de nombreuse croyances, légendes et superstitions à travers le monde. Cette divinité est parfois féminine, parfois masculine. Femme en Italie, en Grèce ou en Chine, c'était une figure mâle en Egypte, au Proche-Orient ou en Inde. La lune est signe de fertilité, de fécondité et d'abondance dans la plupart des civilisations.
A Sumer, en Mésopotamie, elle a été adorée quelque 2.500 ans avant J.-C sous le nom de Sîn ou de Nanna ("le lumineux") sous la forme d'un taureau, également signe de fécondité. Celui-ci portait à l'occasion une grande barbe bleue de lapis-lazuli, ainsi qu'une tiare à grandes cornes (les cornes du taureau rappellent la forme du croissant lunaire).
Oeuvre d'Hervé Wagner - Exposition de Pignan - Avril 2012
On représentait parfois le Dieu Sîn traversant le ciel à bord d'une grande barque. Chez les sumériens, la divinité solaire est de moindre importance que Sîn. C'est en son honneur que furent érigés de nombreux édifices, tels la grand zigourat d'Ur, qui était utilisée comme temple dédié à la lune en même temps qu'en tant qu'observatoire astronomique. L'épouse du Dieu-lune, Ningal, représenté par le croissant de la lune montante, était signe de fertilité pour les hommes. Son croissant fut plus tard surnommé "corne d'abondance".
En Inde, chez les hindous, la lune aide à la création lorsqu'elle est croissante, permet la conservation à sa plénitude, mais amène la destruction lorsqu'elle décroit. Les grecs avaient, eux, trois divinités distinctes pour chaque phase lunaire : Artémis (croissante), Séléné (pleine) et Hécate (décroissante ou nouvelle).
